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Mauvais genre

Création en juin 2003 au festival Montpellier danse.

conception : Alain Buffard

pièce pour 15 à 20 interprètes
durée : 1 heure
production : PI:ES
coproduction : festival Montpellier danse 2003, le Consortium centre d'art contemporain - département nouvelles scènes

dans le cadre du programme Initiative d'artistes en danse contemporaine ­ Fonds pour la danse de la Fondation de France

avec le soutien d'Eminence

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ont participé à Mauvais genre :

Jérôme Andrieu, Cedric Andrieux, Trisha Bauman, Alain Buffard, John Bateman,
Steven Cohen, Erin Cornell, Régine Chopinot, Georgette Dee, Ingo Diehl,
Herman Diephuis, Evie Demetriou, DD Dorvillier, Matthieu Doze, Elu,
Héla Fattoumi, Virginie Garcia, Neil Greenberg, Miguel Gutierrez,
Trajal Harrell, Simon Hecquet, Ishmael Houston-Jones, Christophe Ives,
John Jasperse, Krassen Krastev, Heather Kravas, Jennifer Lacey, Anne Laurent,
Vera Mantero, Bernardo Montet, Julie Nioche, Mike O'Connor, Hildur Ottasdottir,
Rachid Ouramdane, Pascale Paoli, Mickaël Phelippeau, Cécile Proust,
Laurence Rondoni, Sylvia Scheidl, Claire Servant, Lucy Sexton, Mark Tompkins,
Claudia Triozzi, Tomeo Verges, Jeremy Wade, Daniela Weber

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Comment d'une pièce à caractère auto-biographique - Good boy - déplier des histoires
plus génériques, tel a été le pari de Good for..., pièce pour quatre danseurs.
Tel est le défi aujourd'hui avec Mauvais genre. Une nouvelle version, mais cette
fois, pour vingt à trente personnes, dont une majorité a par ailleurs son propre
parcours de création.
Etrange infinité du solo : s'il a en effet une grande capacité à exposer le corps
plus que n'importe quelle forme, il semble, en même temps, inséparable de son
interprète.
Un autre corps, des corps autres : peut-on dire encore qu'il s'agit du même solo?
Je voulais voir ce que donneraient, transposées à d'autres corps, chacun porteur
d'une histoire individuelle, les propositions de ce premier travail.

Si Good boy trafique avec la maladie et la fragilité de notre corps, il s'agit
bien d'une exposition d'un corps singulier dont les strates respirent et transpirent
sa propre histoire.
Pour autant, il ne s'agit pas ici d'autobiographie déguisée, encore moins de
biographies démultipliées.
En s'appuyant sur les différences de chacun, Good for... déplace l'enjeu politique
et social du solo initial vers la question de la communauté et de sa difficile
figuration.
Démultiplier les présences produit autant de pistes pour re-présenter les enjeux
chorégraphiques et sociaux de Good boy. Pour autant : c'est moins une communauté
indivise qui apparaît, réconciliée ou non, qu'une démultiplication des singularités.
Les présences de Matthieu Doze, Rachid Ouramdane et Christian Rizzo dans la
deuxième étape piégeaient le dispositif du solo, en ce qu'elles en défiguraient
chacune des séquences qui constituaient le matériau initial. Quelque chose de
l'identification du danseur au solo et du solo au danseur s'y trouve
ainsi empêché.
D'une expérience particulière peuvent surgir des tralalas.
Good boy se risquait au tragique, lui aura substitué sans que cela ait été
intentionnel un parti-pris ludique, ironique, amusé à tout le moins. On peut dire
que l'on passe du corps-je au corps-jeu.
La nécessité du contrepoint produit par chacun ayant incliné l'ensemble du projet
dans le sens d'une complicité amusée.

Nous avons, lors de notre première présentation de Good for... au Crestet
Centre d'art, établi un rapport de plasticité et d'élasticité spécifique, dû à
l'architecture du lieu.
L'espace en L des galeries d'exposition où nous dansions et les baies vitrées,
ou plutôt les vitrines qui nous séparaient du public debout dans le jardin carré
renforçaient la distance et la séparation entre le spectateur et les interprètes,
l'obligeant ainsi à assumer le choix qu'il avait fait de regarder tel ou tel
d'entre nous.
L'espace permettait un jeu du visible et du non-visible, une démultiplication et
une réduction de nos présences.
Ce dispositif dans le White cube favorisait également une certaine distanciation de
l'objet traité.
Nous avons exposé cette proposition à l'Auditorium de Dijon - un très grand théâtre,
et nous avons constaté la grande diversité de lectures rendues possibles par ce
nouvel espace architectural, très différent du précédent.
Sans que cela fût prémédité, il y eut un retour au tragique propre à la première
version.

Avec Mauvais genre, le nombre de personnes aura nécessairement pour effet de
déplier et démultiplier les lignes de tension du solo initial ; mais l'enjeu pour
moi, c'est aussi de travailler à partir des possibles architectoniques des sites où
sera présentée la pièce afin de tisser d¹autres grilles de lecture, de multiplier
les regards sur cette histoire.
Explorer d'autres possibles dans les espaces de représentation où nous nous
produisons suppose un travail en amont. Cela nous oblige à repenser les
composants de la pièce initiale comme une nouvelle étape, pour mieux désamorcer
ce qui a été construit pendant la précédente.
Je pourrais dire aussi qu'un artiste fait toujours la même pièce, j'assume ici et
revendique ce doux et lent travail de grattage, de biffures, de retour et
d'après-coup qui peut-être disent tous la même obsession, mais sans en empêcher
l'altération et les variations.

Avec Mauvais genre, l'enjeu est encore différent puisque nous sommes des good
girls et des good boys réunis.
Nous mettons l'accent sur la production sonore de nos corps : des splashes et
des booms.
Et sur la capacité à chacun de se rendre poreux à sa propre
féminité et sa propre masculinité : des talons pour les boys oui, mais pas
de falbalas, des slips kangourous pour les girls oui, mais sans dentelles.

Les bons garçons sont devenus des mauvaises filles, et réciproquement.

Les bonnes filles vont au paradis, les mauvais vont partout.
Et font pas de chichis.

Alain Buffard ­ novembre 2002
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