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Wall dancin' - Wall fuckin'

Création en février 2003 à La Rochelle / Ballet Atlantique Régine Chopinot 

Conception : Alain Buffard

Fabrication et interprétation : Alain Buffard, Régine Chopinot

Assistant : Fréderic Marolleau

Musiques :
Esther Brinkmann, album "Click and cut" - Mille plateaux,
ESG, it's not me, album "Step off" - Soul Jazz records SJR cd64 - 2002

Production : pi:es
Coproduction : Théâtre de la Ville - Paris, Ballet Atlantique - Régine Chopinot, Le
Quartz - Scène Nationale de Brest

pi:es est soutenu par le Ministère de la culture / DRAC Ile-de-France
au titre de l'aide aux compagnies

Création
La Rochelle, Chapelle Fromentin, les 6, 7 et 8 février 2003
Brest, Le Quartz, les 13, 14 et 15 mars 2003
Paris, Théâtre de la Ville, les 1, 2 et 4 avril 2003

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Debout. Rester debout face à l'édifice
Face à l'autre face
¿ la caméra

En ruminant, en régurgitant, en chantant, en rampant, en marchant, en pissant

Par tous les bouts rester
Bout de mur, bout de mémoire, bout de danse, bout de film
Bout de presque rien mis bout à bout.
What about ?

 tre en morceau, mais.
Wall dancin' - Wall fuckin'.
Rester de boue.


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Un grand plateau, que divise en deux un mur. Deux personnes, chacune dans son
espace, liées entre elles par cela même qui les sépare : un mur.

Un mur érigé, Ça vous évoque... ? Une limite, une séparation, une frontière, un
symbole (phallique, bien sûr), un habitat, une sculpture minimaliste, ou peut-être
plus simplement, mais pas moins bizarrement, un objet que l'on considérerait
comme une membrane - à la fois mouvante et organique, figée dans son
immobilité mais poreuse par ce qu'il lui adviendra ?
Le mur : comme paroi, c'est aussi une partie d'édifice vouée à sa propre ruine.
Que toute chose aille à sa ruine ?

Gardons pour l'instant cette dernière proposition - elle nous permettra de jouer
avec différentes temporalités, de conserver l'espace en le modifiant, en l'altérant.
C'est le lieu même du théâtre qui est interrogé, son cadre et ses conditions
de réception - ainsi, des attentes liées aux genres artistiques qu'il accueille
(cette fois-ci, la danse : wall dancin' ). En l'occurrence, l'opacité du mur
fixera d'emblée une limite à l'étendue du regard, quel qu'il soit, jusqu'à sa
confiscation, selon la place occupée par le spectateur.
On ne peut interroger l'espace singulier occupé par le spectateur, sans questionner
la naïve croyance dans les vertus démocratiques de l'architecture contemporaine de
nos théâtres : toujours un point aveugle, toujours un obstacle. Virerons-nous les
fauteuils ? Pour citer de mémoire Samuel Beckett : "ce n'est pas l'espace qui
sépare les corps, mais les corps qui séparent l'espace."

Pour engager une distorsion temporelle, nous utilisons, outre les effets de décalage
produits par le dispositif vidéo et la répétition de certaines propositions, des images
des images tournées hors scène ; certaines de ces situations sont rejouées sur le
plateau, traitées jusqu'à leur dissolution, voire leur destruction. Par strates, le
mouvement est décomposé comme une musique samplée. Telle action (manger,
trembler, etc.), identique au départ, est peu à peu déviée, et comme transfigurée.
Ici, c'est la construction du regard que le spectateur porte sur le mouvement, et
les occurrences de pensée qu'elles provoquent, qui importent. Qu'est-ce que l'on
regarde, qu'est-ce que l'on attend ? Ou devrait-t-on dire : qu'est-ce qui nous regarde ?

Un mur, comme élément d'architecture, est un fondement des systèmes de
productions de valeurs sociales, culturelles, et sexuelles (wall fuckin') - qui ne
vaut que par ce qu'il abrite ou re-dé-couvre. Il s'agit de miner cette autorité
par déplacement, par répétition, par disparition. Ou par touches obsessionnelles faire
apparaÓtre la quête de deux êtres qui vivent ensemble tout en étant séparés. Séparés
par une membrane, par une peau, ou par un mur ; séparés, mais aussi réunis.

La question est posée : comment être (encore) ensemble, comment danser (parfois)
ensemble.


Alain Buffard
novembre 2002


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